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 Numéro 87, Avril 2015 
Zotero : comment séduire en méthodologie? Version Imprimable  Version imprimable


Dany Thibault  (enseignant, Collège Montmorency avec la complicité de Philippe Lavigueur, spécialiste en moyens et techniques d'enseignement, Collège Montmorency)

J’avais déjà entendu parler de Zotero, sans trop y porter d’attention. Aveuglement volontaire ? Méfiance technologique ? Manque de temps ? Probablement un peu de tout cela. Pourtant, après avoir utilisé ce logiciel, on ne peut que conclure qu’il s’agit d’un outil formidable pour effectuer de la recherche et se documenter, que l’on soit étudiant ou enseignant.


Figure 1 Zotero est un excellent outil de gestion bibliographique

J’enseigne l’utilisation de Zotero depuis quelques sessions déjà, notamment à l’intérieur des cours Initiation pratique à la méthodologie des sciences humaines et Démarche d’intégration en sciences humaines. Il s’agit d’un excellent outil de gestion bibliographique.

Règle générale, les commentaires des étudiants sont plutôt positifs. Ceux-ci ont l’impression de gagner du temps… ou de ne pas en perdre ! En effet, ils ne semblent pas particulièrement friands de méthodologie, terme entendu ici au sens restreint de règles de présentation matérielle. Celles qui concernent les notes de bas de page et la bibliographie sont sans doute les plus fastidieuses. Zotero parvient à séduire les étudiants en leur proposant de gérer ces règles pour eux.  S’ils apprécient déjà l’utilité du logiciel au collégial, ils en voient pleinement le potentiel à l’université, où les travaux de recherche sont plus exigeants.

Bien sûr, ce ne sont pas tous les étudiants qui adoptent ce logiciel sans difficulté. Comme n’importe quel outil, Zotero nécessite un certain apprentissage. Bien que celui-ci ne soit pas très complexe, il faut admettre que les étudiants ne disposent pas tous du même niveau d’aisance avec les outils informatiques. Lorsque j’ai commencé l’enseignement de ce logiciel, je recevais souvent des demandes d’aide par courriel à propos de son installation et de son fonctionnement. Depuis, j’ai réglé presque tous les problèmes en produisant une série de tutoriels vidéo sur mon site web. De cette manière, les étudiants peuvent progresser à leur rythme et retrouver la marche à suivre en tout temps, en cas de pépin. Par ailleurs, il importe de rappeler que le personnel professionnel et technique de certaines bibliothèques collégiales est aussi en mesure d’offrir un soutien ponctuel aux étudiants.

Depuis que j’enseigne l’utilisation de Zotero, la qualité des notes et des bibliographies s’est grandement améliorée. En fait, elle n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était auparavant. Tout n’est pas parfait pour autant! La principale erreur des étudiants consiste à ajouter les sources automatiquement, sans vérifier ni valider les informations récupérées par Zotero; d’où l’importance de rappeler qu’un tel logiciel ne dispense pas de penser. S’il est maladroit de s’en remettre entièrement à Antidote, il l’est tout autant de se fier uniquement à Zotero. Pour produire des notes et une bibliographie, Zotero ne fait que mettre en forme les données fournies manuellement par l’utilisateur ou automatiquement via le web ou un code. S’il y a une erreur dans les données, Zotero la reproduira nécessairement. De là l’importance de toujours vérifier les informations récupérées. Beau lien à établir avec la première partie du Profil TIC!

Le principal commentaire négatif des étudiants est le suivant : « Comment se fait-il que l’on ne m’ait pas enseigné à utiliser cet outil auparavant? » Même si ce commentaire survient principalement dans mon cours Démarche d’intégration en sciences humaines (cours suivi à la dernière session), il m’est également arrivé de le recevoir dans mon cours Initiation pratique à la méthodologie des sciences humaines (cours suivi à la troisième session) de la part d’étudiants plus rigoureux que la moyenne.

Je ne peux qu’abonder dans le même sens que mes étudiants. Dans un monde idéal, un tel outil devrait être présenté au tout début de ce qui constitue leur entrée aux études supérieures, soit en première session du collégial. Malheureusement, en raison de nombreuses contraintes, notamment temporelles, il paraît difficile d’intégrer l’apprentissage de ce logiciel dans les cours disciplinaires, même si les habiletés informationnelles qu’il permet de développer concernent toutes les disciplines du collégial.

L’idéal serait sans doute que les cégeps incluent une formation TIC en première session. Cela permettrait de présenter Zotero plus rapidement, mais aussi d’initier les étudiants aux différents logiciels qu’ils seront amenés à utiliser au cours de leurs études. Ainsi, ils réinvestiraient plus facilement leur apprentissage de cet outil dans d’autres cours et l’on pourrait véritablement axer le cours Initiation pratique à la méthodologie des sciences humaines sur le terrain et l’analyse. D’ici là, l’enseignement à l’intérieur du cours Initiation pratique à la méthodologie des sciences humaines me semble la meilleure solution.


Figure 2 Fenêtre par défaut


Quelques recommandations
Je m’en voudrais de ne pas conclure sur quelques recommandations à l’égard des personnes qui souhaiteraient tenter l’expérience Zotero. D’abord, cet outil de gestion bibliographique existe en deux versions : une qui s’installe directement dans le fureteur Firefox et une autre autonome. La première est la plus simple, la plus achevée, mais aussi la plus stable. Elle a également l’avantage d’avoir exactement la même interface sous Windows, Mac ou Linux. Cela facilite grandement le soutien fourni aux étudiants.

Avant d’enseigner l’utilisation du logiciel, il importe de s’assurer que toutes les composantes sont bien installées. La base du logiciel s’installe dans Firefox, mais il faut ajouter un greffon pour pouvoir aisément produire les notes et la bibliographie dans Word ou Writer de LibreOffice. Enfin, il est également préférable d’avoir le style souhaité déjà installé sur les ordinateurs. À ce sujet, les styles Pour réussir (inspiré du guide de Bernard Dionne) et celui de l’American Psychological Association (APA) sont ceux qui correspondent le mieux à ce qui est exigé au sein de la communauté collégiale.

Outre les considérations relatives à l’installation, certains chercheurs – dont l’auteur de ces lignes – ont une préférence pour l’utilisation de ce que Zotero nomme la « fenêtre classique ». Celle-ci correspond à la fenêtre d’insertion de citation qui s’affiche lorsque l’on appuie sur le bouton correspondant dans le logiciel de traitement de texte. Bien que cette fenêtre soit moins esthétique, elle est surtout plus intuitive. Voici à quoi ressemblent la « fenêtre par défaut » et la « fenêtre classique ».

Dans un contexte pédagogique, il me parait préférable d’activer cette fenêtre classique. Pour ce faire, il suffit d’ouvrir Zotero, de cliquer sur l’engrenage, de sélectionner « Préférences », de choisir l’onglet « Citer », puis de cocher l’option « Utiliser la fenêtre classique d’ajout de citation ».

Vous avez des questions sur l’installation, la configuration et l’utilisation de Zotero ? Je vous invite à visiter ma page pour trouver des tutoriels sur ce logiciel. Certaines bibliothèques collégiales offrent également une page d’aide pour Zotero, par exemple celles du Cégep Limoilou et du Collège Montmorency.



Figure 3 Fenêtre classique

Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Dernières mises à jour : 10/04/2015